Notre armoire

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On était dans a cuisine en train de petit-déjeuner avec des tartines de peanut butter et du thé matcha au lait, le thé matcha, c’est un thé japonais, quand on a entendu un gros bruit puis Papa hurler depuis le couloir des chambres quelques secondes après. Au début, on a pas fait attention, parce que Papa il hurle souvent quand il se cogne très fort les doigts de pied et comme il est très maladroit Papa, il se cogne souvent partout et surtout les doigts de pied ou les épaules, ou les coudes, ou la tête quand il vide le lave-vaisselle et qu’il a oublié de fermer la porte du placard des verres qui est juste au-dessus.

Nous ça nous fait beaucoup rire à chaque fois parce que Papa quand il crie, il fait des petits sauts sur place et se crie dessus en disant qu’il est complètement idiot, mais Papa il crie surtout parce que ça lui fait du bien et que ça fait partir la douleur comme il dit, même si il nous dit aussi à chaque fois de pas faire comme lui et que ça sert à rien de crier à part à faire croire aux voisins qu’on est complètement fou. C’est vrai que parfois les voisins, ils le regardent bizarrement, mais nous on s’en fiche, on préfère avoir un papa comme lui plutôt qu’un papa trop sage et comme les autres.

Là comme on l’a entendu encore après, on s’est bien douté qu’il était pas mort ou qu’il s’était pas fait très mal et on a eu raison. Il est arrivé dans la cuisine avec à la main un sac avec plein de nos affaires de dedans, il l’a posé par terre et il nous a demandé si ça faisait longtemps qu’on avait pas rangé notre armoire parce qu’il a voulu se cacher dedans pour nous faire une surprise, mais tout ce qu’il y avait dans l’armoire lui est tombé dessus tout d’un coup et l’a fait tomber par terre tout d’un coup et c’est pour ça qu’il avait crié.

On lui a dit que notre armoire on ne l’ouvrait presque jamais parce qu’il y avait notre placard incrusté dans le mur pour mettre nos habits et nos jouets. Mais qu’à chaque fois qu’on l’ouvrait, l’armoire, on faisait hyper attention parce que tout tombait. Alors, on avait mis au point un système. Dans notre chambre, il y a une sorte de grand panneau en bois très léger avec plein de dessins dessus que Papa et Maman ont fait pour nous depuis qu’on est tout petits. Et à chaque fois qu’on veut mettre un truc dans l’armoire, il y en a un de nous qui prend le panneau en bois, qui le glisse derrière la porte qu’on veut ouvrir avant qu’on l’ouvre et qui retient tout ce qui peut tomber avec le panneau en bois pendant que l’autre ouvre la porte, puis glisse ce qu’il veut glisser dans l’armoire. Mais on sait très bien qu’il faut jamais ouvrir l’armoire de notre chambre sans notre système parce qu’on risque de tout se prendre sur la figure. Il suffit de le savoir.

Papa, il nous a regardés avec des yeux ronds. Maman aussi. Et ils ont dit tous les deux qu’on allait tout de suite oublier notre système de panneau en bois même si c’était vachement ingénieux et qu’on allait ranger notre armoire immédiatement après le petit-déjeuner et puis faire le tri dans notre armoire parce qu’il devait y avoir plein de trucs et de machins dedans qui servaient à rien et que notre placard il était déjà plein de vêtements et de jouets et que là aussi c’était le chaos. Et après le petit déjeuner, Maman, elle nous a donné plein de cartons vides et nous a dit de tout trier et tout lui amener ensuite et qu’il y a des trucs qu’on mettrait sûrement à la cave et on a dit OK, parce que si on avait pas dit OK, ça aurait fait des histoires et on avait pas envie d’entendre Maman et Papa nos dire de pas discuter quand on ils nous demandent quelque chose.

Quand on est arrivé dans la chambre, presque toutes les affaires étaient tombées par terre et on pouvait même voir à quel endroit Papa se trouvait quand les affaires de l’armoire lui sont tombées dessus parce qu’il y avait sa silhouette au milieu des peluches, de boules de pétanque en plastique, de rouleaux de dessins, de pots de pâte modeler et de pleins de trucs qu’on avait pas vu depuis longtemps. C’était marrant parce que notre armoire en fait, on avait pas réalisé qu’il y avait autant de place dedans et il y avait plein de trucs par terre qu’on avait pas vu depuis longtemps. Alors, on a posé les cartons par terre et on a marqué dessus, à garder, à la poubelle, à la cave et on commencé à trier.

On a d’abord ramassé ce qu’il y avait par terre et on a trouvé des trucs qui nous ont rappelés pleins de souvenirs ! Il y avait un vieux bilboquet en bois dans lequel Papa avait creusé plein de trous pour nous faire plaisir parce qu’on n’arrivait pas à faire du bilboquet et Maman l’avait même peint tout en jaune clair, même qu’on l’a appelé le bilboquet des souris, parce qu’il ressemblait à un gros morceau de gruyère. Ca, il fallait qu’on le garde c’était obligé. Il y avait aussi une petite paire de chaussure que Tina avait quand elle était petite et c’était les chaussures avec lesquelles elle avait fait ses premiers pas elle nous a dit Maman quand on a été lui montrer. C’était drôle parce que les pieds de Tina, ils avaient drôlement grandi depuis et quand elle a mis ses chaussures sous son pied, on pouvait mettre au moins 3 chaussures pour faire la taille de son pied. Maman, elle nous a dit qu’il fallait les garder absolument et que si ça se trouve, on allait trouver me premières chaussures à moi aussi. Et on a été chercher.

Mais on les a pas trouvées dans les affaires par terre alors on a vidé le reste du placard et on en a trouvée une à côté d’un sac plein de moules pour faire des sushis en pâte à modeler que Papa a trouvé dans un boutique de produits indiens dans le quartier chinois de Londres où il avait été en voyage avec Maman quand on était pas encore nés et il lui avait dit en rigolant, qu’ils donneraient ça à leurs enfants quand ils en auraient et en fait, on les a eu nos sushis en pâte à modeler et ça aussi il fallait le garder parce que c’était marrant comme histoire quand même. Il a toujours eu de drôles d’idées rigolotes Papa, c’est marrant et hop ! On a mis les moules à sushis dans le carton à garder.

La deuxième chaussure, on l’a retrouvée dans le four de la dinette de Tina qu’elle avait eue à Noël quand elle était petite et avec laquelle elle cuisinait tout ce qu’elle trouvait. Elle m’avait fait trop rire avec son gratin de boules de Noël ou ses œufs de Pâques à la coque où on avait mis de la crème de gâteau au citron pour faire le jaune dedans et on avait trempé des vraies mouillettes dedans et c’était super bon. C’est dommage qu’elle fasse plus la cuisine Tina dans sa dinette parce qu’elle se débrouille super bien.

Juste à côté de la dinette de Tina, il y avait une pile des livres avec lesquels on a appris à lire avec des livres où il a de la fourrure ou du cuir dedans, des livres qui font des bruits d’animaux, des livres avec des languettes qu’on tire pour faire bouger des truc dans les pages. Puis on en avait avec des pop-up comme Maman elle appelle ça, c’est super, c’est quand on ouvre le livre, il y a dé décor ou un animal qui se déplie et qui sort de la page et qui fait super grand, même qu’on croyait que Maman éarùotait magicienne quand on était petits. Puis on a même retrouvé les livres qu’on lisait dans le bain qui était pas fait en papier, mais avec une sorte de plastique e on pouvait le lire dans le bain. Pas comme la BD préférée de Papa qu’il lisait une fois dans le bain et qu’il a complètement mouillé quand on a couru super vite pour sauter dans la baignoire. Les livres on les a gardés pour Maman, parce que comme elle fait des illustrations pour gagner de l’argent, elle a parfois besoin d’inspiration et elle a une super grande collection de livres dans son bureau à la maison.

On sorti aussi nos vieux patins à roulettes qui étaient avant les patins à roulettes de Papa et Maman, des jouets qui font pouêt, un coussin qui fait prout que Maman avait ramené pour faire une blague à Papa, des chaussettes, un petit cheval en peluche, un dentier de vampire, une cape de vampire, un carton avec plein de feutres et de pastels à l’intérieur et plein de blocs de feuilles avec des dessins dessus qu’on avait du faire avec les feutres et les pastels, mais on arrivait pas trop à reconnaitre ce qu’il y avait dessus. Tout en haut, il y avait un jeu de bowling pour la maison avec des quilles et une boule de bowling un peu lourde en plastique, mais on arrêté d’y jouer dans l’appartement parce que la dame qui habitait en dessous de chez nous, elle disait que ça faisait trop de bruit. Mais elle trouvait toujours que ça faisait trop de bruit. Comme avec le bâton à ressort sur lequel on grimpe et qu’on a retrouvé aussi et les balles rebondissantes qu’on lançait très fort sur le parquet pour les faire aller jusqu’au plafond.

On a trouvé aussi un énorme sac de billes que j’avais complètement oubliées, un masque de panthère et un masque d’ours quand on avait joué au livre de la jungle avec Papa et Maman qui jouaient la panthère et l’ours et on avait joué à ça dans le parc pas loin de la maison, avec Tina qui jouait Mowgli et qui grimpait dans les arbres et moi qui jouait un petit singe qui suivait Tina partout, c’était rigolo même si les gens nous regardaient bizarrement et qu’un chien avait poursuivi Papa qui avait du grimper à un arbre parce qu’il avait eu peur de son masque d’ours, mais ça s’est bien terminé.

Un peu partout, il y avait des petites voitures qu’on a ramassé et qu’on a mis dans un carton voitures. Il y avait même celles sur lesquelles Papa avait marché en pleine nuit dans le salon et que j’avais garées en dessous de la fenêtre parce que c’était le parking pour les petites voitures. Et comme il avait perdu l’équilibre en marchant dessus, il s’est rattrapé aux rideaux qui ont arraché la tringle au-dessus de la fenêtre et qui a cassé le vase des fleurs qu’il avait offertes à Maman pour sa fête qui a bien rigolé en voyant Papa les fesses par terre avec des fleurs sur la tête.

Dans un coin, on a mis toutes nos vieilles peluches et toutes nos nouvelles et on s’est rendu compte qu’on avait plein, plein, plein de peluches en fait. On retrouvé la grande couverture à damiers que Papa avait achetée l’année dernière pour mettre sur son lit à Maman et à lui parce que Maman, elle adore les échecs et Papa aussi et Papa, il voulait jouer aux échecs sur le lit et Maman elle a dit que jamais de la vie.

Puis elle a rajouté qu’elle savait pas si lui ou les enfants étaient les plus enfants et elle a dit qu’elle voulait pas jouer aux échecs dans la chambre avec lui, mais lui il a dit s’il te plait ma chérie et elle a dit non, et il a dit s’il te plait ma sucrette au paprika et Maman elle a dit qu’est ce que c’est ce surnom, et Papa elle lui a dit s’il te plait ma mangue au piment d’Espelette et au réglisse des bois et Maman elle dit ok, une partie, si Papa arrêtait les surnoms idiots, mais que si elle gagnait la partie il enlèverait cette couverture trop moche du lit et il a dit chouette et d’accord et Maman l’a complètement écrasé aux échecs et Papa il nous a donné la couverture. Et là on a fait pareil, mais avec nos peluches comme pièces d’échecs. Les cochons pour les fous, les vaches pour les tours, les lapins pour les petits pions. Les deux ours blancs pour le roi et la reine blanche et la panthère noire pour le roi noir, et le renne noir pour la reine noire parce que reine et renne ça se ressemble beaucoup.

On avait à peine commencé la partie que Maman est entrée et qu’elle a vu encore tout le bazar dans la chambre et elle a dit que c’était pas le moment de jouer et qu’elle voulait que dans une heure et demi, tout soit impeccable et dans les cartons ! Et Maman elle rigole souvent, mais souvent elle rigole pas et quand elle rigole pas, ça rigole pas. Pour moi, Tina ou Papa ! Dès qu’elle a fermé la porte on a tout rangé et tout trié.

Et à la fin, on avait le carton à jeter qui était complètement vide, parce qu’on avait pas voulu jeter un truc. On avait fait un nouveau carton, le carton qu’est-ce que c’est ? Parce on a trouvé plein de trucs et on savait pas du tout d’où ça venait, ni ce que c’était. Il y avait deux cartons à la cave, mais des petits cartons et quatre gros cartons à garder qui étaient pleins de tout ce qu’on voulait garder et qu’on a mis les uns sur les autres dans le couloir.

Puis quand Maman est revenue vérifier dans la chambre, Papa était déjà rentré et elle-même pas eu peur quand Papa a pu faire sa blague de tous les trois sortir du placard pour lui faire une surprise. C’était bien la peine de ranger toute l’armoire si ça marche pas ses blagues toutes pourries à Papa.